C'est ici, maintenant.

Je suis là-bas.

I’m over there…

4e étage : la redécouverte, le dégoût aussi. Ils ont changé mes couloirs, ajouté des cadres inutiles et modifié les poignées. Ça sent le produit nettoyant et je ne connais aucune tête parmi les personnes présentes. Je suis comme une étrangère dans ces lieux qui me paraissaient pourtant familiers.

(…)

3e étage : j’avais oublié comme le couloir était sombre, oublié aussi l’odeur des produits chimiques qui se mélangent et qui émane des laboratoires. J’ai tenu à me poster à nouveau contre ce mur vert, au fond à gauche, comme je l’avais fait cinq ans auparavant, vêtue de la même veste et écoutant “Chateau” de Rob Dougan dans l’attente du prochain cours.

2e étage : rien de très significatif. Je me suis tout de même souvenue de mes nombreux passages ici lors de ma dernière année. Des visages me reviennent alors en tête ; c’est douloureux et rassurant à la fois.

1er étage : et cette boule dans le ventre qui n’en finit plus de grossir. Je me dirige instinctivement vers la gauche, d’abord, et entends la voix de mon ancien professeur d’Histoire-Géographie en me postant devant l’une des portes. C’est un cours sur l’Europe et le chapitre porte sur l’année 1973 ; je me replonge dans mes souvenirs et me revois derrière ma table de lycéenne, écrivant frénétiquement ce que nous raconte le professeur. Finalement, après un tour dans cet étage rose et rouge, j’emprunte les escaliers comme si c’était véritablement pour la dernière fois.

J’ai oublié de chercher l’entrée du 5e étage… Peut-être que d’autres le feront mieux que moi, à l’avenir.

cauchemardesque asked: Le temps qui passe, la jeunesse qui s'enfuit, l'ennui qui s'approche à petit pas... Symptômes d'une époque?

D’une époque, je ne sais pas ? La jeunesse semble s’enfuir de plus en plus vite, c’est vrai. À peine eus-je eu le temps de penser à autre chose que nous voici de nouveau à devoir de changer d’heure. Je trouve ça frustrant.

Cela va faire longtemps que je n’ai pas eu envie de crever en écoutant une chanson. Longtemps que l’idée de voir arriver l’hiver ne m’enthousiasme plus. Longtemps que mes trajets matinaux n’ont plus aucun sens.

Je crois que j’ai problème, c’est évident. À nouveau, j’ai ressenti ce pincement douloureux dans le cœur, la puissante montée des larmes, l’impossibilité de réfléchir correctement (entre autres). Le dégoût des bâtiments est venu aussi vite que cette passion qui s’était installée sans raison et, horrifiée par cette nouvelle voie que j’avais choisi de prendre, j’ai supprimé ce numéro de mon téléphone sans même chercher à comprendre ce que je faisais.

Je ne sais pas d’où me vient cette attitude et, inquiète, je me demande encore ce que je vais devenir le jour où je n’aurai plus de réelle attache. Comme une imbécile, je me projette déjà dans ce que je pourrai faire l’automne prochain, sans même songer à un possible refus et je me déteste à réagir comme une parfaite égoïste beaucoup trop indécise pour savoir ce qu’elle veut dans la vie..

Hier encore, c’était la nostalgie la plus profonde et la déception d’avoir laissé s’échapper une époque qui représentait beaucoup.

Thobias FÄLDT, Smarty Party, 2008

Thobias FÄLDT, Smarty Party, 2008

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Une ambiance prenante et agréable. J’aimerais une bande d’amis comme en 2003 ou 2006, des couleurs un peu partout ainsi que tous ces autres petits détails.

Je rêve d’une fin de cours électrique où chacun oserait s’adresser à l’autre sans retenue. Un ciel sombre d’où s’échapperaient quelques pointes lumineuses et les lumières de la gare contrastant avec tout le reste. Quelque chose de marquant et dont je pourrai parler dix ans plus tard.

Bientôt le passage à une nouvelle heure, et voici la panique qui se manifeste une fois encore. Il y a quelques années, les choses étaient comme plus faciles. Passer à la période hivernale me comblait de joie et, dès que la nuit commençait à tomber, mes préoccupations étaient de savoir ce que j’aurais le soir à dîner et quels seraient les devoirs à terminer. Désormais, la situation est tout autre et je me mets à angoisser face à des choses que je ne maîtrise plus. Le train a remplacé le bus – j’échappe de peu au métro – et les questions sont de plus en plus nombreuses. L’idée désagréable pourrait se résumer ainsi : “C’est maintenant ou jamais”. Il fait donc toujours aussi noir qu’avant lorsque passent les dix-huit heures, mais une pression est venue s’ajouter à tout cela. Fut une période où ces nouvelles saisons avaient un sens, où faire le sapin était un moment attendu. Mais aujourd’hui, seule une guirlande tente d’égayer le milieu du couloir. Ça ne veut presque plus rien dire car personne ne désire y mettre du sien mais, dans le fond, je veux essayer de croire à un retour de ces petites choses.

Il m’aura fallu des années pour comprendre que fermer mes volets vers dix-sept heures n’est finalement pas une chose positive.

C’est dingue de songer à toutes ces évidences. Au temps qui passe trop vite, aux avis qui divergent avec le temps…

J’ai repensé à cette vieille photo que j’avais prise en octobre 2005. Le pont à quelques rues de chez moi était en totale réfection et le ciel avait pris cette teinte orangée mélangeant également les tons roses et bleus ensemble. Période désagréable mais néanmoins attachante, faire ce trajet était quand même un moment de plaisir, mes écouteurs vissés dans les oreilles. J’ai toujours en tête les images de l’ancienne clinique délabrée (établissement étrange aux lettres qui pendent et aux pièces emmurées) et des décorations de Noël venues un peu plus tard.

C’est une bonne chose que de penser à profiter de tout. Le négatif n’aura finalement pas été la pire chose qui soit (“tout ce qui ne nous tue pas…”).

"Comme on dit, il faut bien mourir un jour. Preuve qu’on est bête car je n’en vois pas la nécessité."

Robert MERLE, Malevil, 1972

Anonymous asked: Do you hear me?

‘Course, yes!